Accueil Boucau (64340) Le stade de Piquessary


Les paroles de « Champions de France »
le site du Boucau-Tarnos Stade


Je remercie Claude Méhats (thésard en histoire et études basques, Faculté de Bayonne) et Eusko Ikaskuntza de m'avoir autorisé à reprendre ce texte.


Redoutable dans les combats terrestres, la France de l’époque moderne a bien souvent délaissé sa marine au profit de son infanterie. Pour parer à la faiblesse de sa flotte, le royaume met au point la guerre de course, c’est-à-dire que le roi confère à l’un de ses sujets le droit (en temps de guerre) d’attaquer et de prendre un navire adverse grâce à une lettre de marque. Attractif, autant pour les armateurs que pour les équipages, ce système permet au roi de France de voir les lignes commerciales des nations qui s’opposent à lui, constamment harcelées.

La dernière année du règne de Louis XV (1748), le capitaine corsaire Piquessary (du basque Piko-Sarri : le figuier dans les broussailles) se montre comme l’un des plus actifs. Entre le 1er janvier et le 12 février (date de la fin de la guerre), à bord du Lion, une frégate armée de 20 canons et comprenant 250 hommes d’équipages, il s’empare, entre autre, de l’Anne Brie de Liverpool, du Boston et de La Prospérité de Dublin ou bien encore de l’Occupation de Liverpool.

Le 16 novembre 1741, Piquessary s’était saisi de ce dernier navire, prise qu’il relâchera le lendemain, après l’avoir déchargé de ses marchandises de valeur. Conservant de la sorte tous ses hommes, il s’attaque et s’empare du Hosperwel de Stockton, armé de quatre canons. La période pacifique nous fait perdre sa trace, que la reprise des hostilités nous permettra de retrouver.

Le 16 juin 1756 débute la guerre de Sept Ans. Dans l’état des corsaires de Bayonne, réalisé le 1er janvier 1757, Piquessary est capitaine d’une frégate, Le Machault, armée de 24 canons de 12 livres et il est à la tête de 400 hommes. Voilà pour les éléments historiques, retranscrits en 1895 par Édouard Ducéré dans son livre sur l’histoire des corsaires de Bayonne et du Pays basque. Il semble néanmoins que l’activité de ce capitaine ne se soit pas arrêtée pour autant.

Du statut de corsaire à celui de pirate, c’est la légalité qui fait défaut. Piquessary ne va pas hésiter à la transgresser. Du haut d’une colline proche de la côte, il allume des feux destinés à tromper les navires de passage. Ceux-ci effectuant du cabotage, viennent s’échouer sur des lieux où le pirate va très rapidement les piller. Comme toute activité illicite, il est aisé de comprendre que des sources relatives à ces faits soient impossible à retrouver. Ce sont l’oralité et le travail de la mémoire qui contribuent à en faire perdurer le récit, qui progressivement se transforme en légende. Celle-ci, sera reprise au XXe siècle. La colline a gardé le nom du marin, et une partie de son espace va être utilisée pour le club de rugby local du Boucau Stade. Mythe et réalité se recroisent à nouveau lorsqu’il faudra équiper les sportifs. Une nouvelle légende naît : toutes les équipes du club porteront désormais la même unique couleur, issue et découpée dans le drapeau du pirate : le noir.

1972, deuxième saison du Boucau Stade en première division.
De gauche à droite : Aizpurua, Fourroux (en blanc, international et futur entraîneur du XV de France), Bélascain, Aragon.
En arrière-plan, Lucas.
Boucau Stade 22, La Voulte 13.
Saison 1980/1981 où le Boucau Stade est invaincu à Piquessary.
La saison se terminera en 1/16e de finale par un match
perdu contre Brive à la dernière seconde sur un drop de Thiot.
A l’image, à gauche Gimenez, à droite Aizpurua.

 

source : http://reportages.rugby.free.fr/
 

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